La lutte du bas de tableau de la Ligue 1

Si toutes les attentions se portent vers la lutte pour le podium, la relégation pourrait bien se jouer encore une fois jusqu’au bout. Plusieurs équipes doivent désormais jouer chaque match pour ramasser les points qui les maintiendraient en vie. 

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Voici un championnat qui se joue essentiellement le samedi à 20h. Celui des soirées de multiplex radios, celui où un correspondant local éructe à la moindre demi-occasion, sorti qu’il est de l’ennui par un débordement, avant que le centre ne soit raté. Soudainement soulevé aussi par un ballon qui franchit la ligne et qui réveille les spectateurs un soir glacial de janvier. Rassurez-vous, cet entassement de clichés est bien volontaire et correspond généralement aux poncifs accolés aux matches del’autre championnat de Ligue 1.

Ce championnat alternatif, celui que Canal+ passe à 23h30 lors de « Jour de foot », lorsque Karim Bennani tente d’enthousiasmer les abonnés alors que son tableau affiche cinq 0-0 et à peine plus d’un but par rencontre. Ce bas de tableau que l’on regarde vite mais qui fait aller dans les stades plus de 100 000 personnes par week-end. Un spectacle dont les têtes d’affiche sont Lorient, Toulouse, Evian ou encore Metz.

Le TéFéCé clairement mal parti

Ces fameuses équipes dont les débriefs du lundi ne parlent jamais sont pourtant celles qui font le sel de la Ligue 1. Qui ne se souvient pas du haletant match couperet entre l’ETG et Sochaux en 2014 ? Le vainqueur gagnait le jackpot, et l’autre était condamné à l’anonymat total de la L2. Le « championnat du bas », sans conteste moins sexy, est néanmoins hyper palpitant chaque année. Car qui aujourd’hui sait qui va terminer dans la charrette ? Toulouse, locataire malgré lui du spot, n’est qu’à deux points de Lorient, trois de Reims, quatre d’Évian et cinq de Bastia.

S’il y a sans doute un consensus autour du futur de Lens et Metz (on ne sait jamais mais parfois on sait un peu quand même), la dernière place pour la relégation est encore indécise. Commençons par Toulouse, qui a une belle tête de relégable, hélas pour eux. Le « TéF » est depuis plusieurs années le symbole d’une Ligue 1 ennuyeuse dans l’inconscient des fans. Un jeu défensif malgré une récente tentative d’audace tactique, pas de performances en coupes, un stade rarement plein et un discours de dirigeants aussi ambitieux qu’une conférence du ministre de Travail en 2015.

 

Alain Casanova donne des consignes à Wissam Ben Yedder. L’entraîneur de Toulouse ne finira pas la saison.

Aujourd’hui, le « TéFéCé » se retrouve avec un coach intérimaire chargé de sauver les meubles (Dominique Aribagé), la 14èmeattaque, la 19ème défense et la perspective de devoir tout jouer sur 7 matches. Mais rien n’est inéluctable pour les Pitchounes, car mis à part Monaco à la 35ème journée, les confrontations face aux cadors sont déjà passées. La réception de Lille, à la 36ème journée, qui n’aura sans doute rien à jouer, pourrait être une bonne occasion. Sinon, Montpellier, Lorient, Nantes, Guingamp et Nice seront au programme pour des rencontres sentiront la poudre.

Chaud pour Lorient, Évian plus habitué

Juste au-dessus de la ligne de flottaison, voici Lorient, qui semble tout sauf serein. L’après Gourcuff est aussi compliqué que prévu et le recrutement de l’ancien druide des Merlus manque à cette équipe poussive. Le vrai souci sera le calendrier pour ce groupe qui reste sur 4 défaites en 5 matches. Il y aura Marseille, Bordeaux et Monaco d’ici les vacances et le match contre Toulouse qui vaudra cher. A voir le degré de motivation aussi de Lens et Metz au moment de les rencontrer. Tout comme Nantes à la 37ejournée. L’objectif des Bretons est de garder cette place, voire d’aller chercher Reims et Évian.

Avant Reims, penchons-nous sur les Savotards, et l’on a l’impression que l’ETG a quelque chose en plus. Cet ADN de l’équipe qui sait dès la première journée qu’elle devra ferrailler jusqu’au mois de mai pour garder sa place parmi l’élite. Cornaqué par le hâbleur Pascal Dupraz, le groupe ne lâchera jamais un point sans y laisser sa chemise. Les anciens Barbosa et Sorlin veilleront eux à toujours garder l’équipe dans le bon sens.

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Évian sait négocier les confrontations directes et perd rarement contre ses concurrents. Et la fin de saison lui offre Reims, Guingamp et Bastia, ainsi que Caen sans doute débarrassé des soucis de maintien. Lyon et Saint-Étienne seront d’éventuels bonus. Les hommes de Dupraz sont donc prêts à vendre chèrement leur peau, ce qui est moins sûr du côté du Stade de Reims.

Le légendaire club des 50’s-60’s a vécu un épisode compliqué avec le limogeage de Jean-Louis Vasseur. Une mise à la porte ourdie par un vestiaire en rupture et un adjoint qui pourrait bien avoir joué les Iznogoud pour être promu. On a déjà vu meilleur ambiance pour une opération commando. Il ne faudra pas lambiner car Nice et Bastia sont au menu des deux prochains matches, et eux ont le couteau entre les dents depuis un moment.

La 8ème attaque prometteuse ne suffit pas à cacher les errances de la 20ème défense. Et les 7 défaites en 12 matches en 2015 montrent une dynamique catastrophique. Il faudra absolument prendre les points face aux concurrents directs (Évian, Guingamp ou même Rennes), car Lyon et Paris ne laisseront rien traîner dans le sprint final. La seule bonne nouvelle est la dynamique toulousaine, qui semble aussi mauvaise et le maintien pourrait se faire « par défaut ».

Si c’est le cas, Bastia serait alors tranquille. Les Corses, 8ème équipe à domicile, espère verrouiller sa place après avoir joué Évian et Reims (18 et 25 avril). Car en cas de mauvais résultats, le calendrier sera par ailleurs ardu avec des matches contre l’ASSE, l’OM et l’OL. Ce qui promettrait une fin de saison de folie, avec des calculatrices en surchauffe et un scénario de thriller. En somme tout ce qui fait qu’à l’arrivée des beaux jours, on laisse traîner les oreilles, au cas où un correspondant en région se montre extatique à l’idée de voir son équipe lui offrir encore une année une exposition en prime-time. Et tant pis s’il y a The Voice en face.