Raymond Domenech : « La vraie bataille concerne les taxes que doivent payer les clubs français »

L’ancien sélectionneur de l’équipe de France est revenu sur la décision de la Ligue de Football Professionnel de passer à deux descentes en Ligue 1 dès la saison prochaine. Pour lui, c’est un faux combat.

Raymond Domenech, quel est votre point de vue sur la décision de la LFP ?

« La décision a été votée par les présidents de Ligue 1 et Ligue 2, c’est donc une vraie décision, pas si arbitraire que ça. A l’Unecatef (L’ancien sélectionneur des Bleus fait partie du conseil d’administration de l’Union nationale des entraîneurs), nous avons donné notre avis, mais les entraîneurs ne s’avèrent pas être en danger, il en restera 20 en L1, le même nombre en L2.

Ceux qui ont voté « pour » ont expliqué que cette décision allait en faveur de l’attractivité et de la compétitivité de la L1…

J’espère que ça évitera de voir un championnat dominé par le PSG dès le mois de janvier. Plus globalement, sans abonder dans un sens ou dans l’autre, c’est vrai que l’attractivité n’est pas la meilleure en France. Cette décision donne, il est vrai, plus de sécurité aux investisseurs sachant que la descente en Ligue 2 est maintenant moins risquée. La vraie bataille concerne l’aspect économique et le spectacle. Mais ce n’est pas forcément comme ça que l’on va résoudre ces problèmes.

Vous comprenez que le mécontentement augmente du côté de la L2 ?

Il y a un vrai problème, avec deux montées en L1 mais toujours trois descentes en division inférieure. (C’est la Fédération qui décide pour le championnat de National. La LFP voulait attendre une saison supplémentaire pour mettre en place le système de deux montées et deux descentes à condition que la FFF fasse de même pour le National, ce qu’elle n’a pas fait, NDLR). Pour moi, toute cette histoire reste un faux combat, il n’y a pas de sens profond.

Justement, quel est le vrai combat pour vous ?

La vraie bataille concerne les taxes que doivent payer les clubs français. Déjà au niveau des sponsors, en Europe, certains clubs peuvent recevoir de l’argent des marques de tabac ou d’alcool, ce qui est interdit en France. Attention, je ne dis pas que c’est mauvais d’interdire cela, mais il faut lutter contre cette concurrence déloyale. Ces querelles sont significatives du malaise qui règne entre les dirigeants dans le foot français.

Raymond-Domenech

Vous ne donnez donc raison à personne dans cette affaire…

J’ai envie de dire que tous ont raison, personne n’a tort. Le vrai problème est de savoir comment nous pourrions lutter à égalité, pour qu’il y ait de la concurrence honnête et un attrait supplémentaire pour notre foot national. Les mannes financières sont énormes en Angleterre par exemple, ce qui bouleverse tout. Je pense que ce qui ne concerne pas ce problème de fond n’est que futilité. »